La Dette Ecologique Locale
e.cazeneuve | 18 décembre 2009En ce 17 décembre 2009, nous pourrions presque nous croire à Copenhagen, dehors il neige et cela tient et puis c’est vrai nous travaillions également pour l’avenir de la planète et du Développement Durable.
A juste titre, les pays du Sud parlent d’une dette écologique des pays du Nord (oh je sais qu’ils ont raison) mais y a-t-il une personne qui parle de dette écologique envers certaines régions françaises ?
Sans vouloir voler le rôle de théoricien de l’entreprise à Radu (merci Sciences Po), je pense que nos très chers compatriotes présents au Danemark et les médias qui les accompagnent oublient que les atteintes à l’environnement sont faites également dans nos régions en France et que tout ne saurait se régler au niveau macroéconomique (pour ne pas dire mondial)
La semaine dernière, je me suis rendu dans le cadre d’un audit de Commissaires aux Comptes dans une usine dans le Pas de Calais, un complexe boisé de 38 ha construit à partir de 1920 et qui après avoir compté près de 3000 personnes n’en compte plus que 40, la photo aérienne qui domine le hall d’entrée nous donne l’impression de rentrer dans un havre de verdure et pour cause la plupart des bâtiments n’existent plus.
Le directeur de l’usine qui est présent depuis 35 ans nous fait faire le tour du propriétaire, fier de nous montrer la station d’épuration biologique et physico-chimique toute neuve, les robots mécaniques qui empilent les sacs sur une palette, mais également la salle de laboratoire à moitié vide, la chaudière avec une capacité 4 fois trop importante. Quelle ne fût pas ma surprise quand j’ai demandé pourquoi avec l’espace laissé libre et les surplus énergétiques du site, aucune entreprise n’était venue s’installer à proximité, je vous retranscris notre dialogue tel quel :
« oh malheureux, mais c’est que ça coûterait des millions d’euros »
« ah bon, mais on pourrait faire venir une entreprise qui a besoin de chaleur, un producteur d’engrais par exemple, il vous achèterait l’énergie ? »
« mais c’est que le site il est pollué, les 38 ha !! il nous est impossible d’en vendre ni même d’en louer une partie sous peine de devoir tout dépolluer, vous savez aux 19ème et 20ème siècle on enfouissait nos déchets sur le site, on ne savait pas que c’était dangereux… »
Je me retourne et je tombe nez à nez avec la photo aérienne, et, j’aperçois au loin une cheminée de centrale thermique, un terril, et un espace sans végétation, des zones polluées par l’activité humaine qui, car elles ne sont pas situées dans un centre urbain, continuent d’empoisonner la vie de certaines régions françaises sans que cela n’émeut ni les ONG, ni Le Monde, ni Nicolas Sarkozy.


Bonjour
Ce qui est étonnant ce n’est malheureusement pas le fait qu’un site en France soit pollué, c’est même la raison de mon activité; mais que ce site ne bénéficie pas d’un programme de dépollution alors qu’il est en activité et que la contamination est prouvée nous amène à nous poser des questions sur le travail des organes de l’état.
Que se passera t’il lors de l’arrêt de l’activité de l’entreprise?
Espérons que ce site ne deviendra pas un des trop nombreux « orphelins » qui ternissent notre territoire.
Des solutions existent, certaines demandant un temps de traitement long mais ne nécessitant que peu de moyens; peut être votre industriel a t’il besoin d’alternatives aux trop nombreuses solutions génériques…