L’étau et la corbeille…
r.teisanu | 16 octobre 2009Le rapport Stieglitz-Sen-Fitoussi, portant sur des alternatives aux indicateurs actuels de mesure de progrès social et performance économique, a vu le jour le 13 septembre dernier. Suite à 18 mois de travail, la conclusion est nette comme un coup de hache: le Produit Intérieur Brut (PIB) est obsolète et l’amélioration du bien-être est une équation à multiples variables dont la richesse matérielle en est une facette.
Le bien-être n’est pas seulement dépendant de la richesse matérielle. Je vois le bien-être comme une corbeille qui habite de multiples petites promesses de vie. A l’intérieur du bien-être on trouve : le plat de ce midi, le toit qui nous abrite, les amis, l’ambiance au travail, l’état de santé, le soleil, l’état du transport en commun, la pluie, l’amour et toute autre élément qui déclenche le but ultime : le bonheur.
Il est normal qu’on n’ait pas un indice qui englobe tout le hasard bien organisé que je viens d’énoncer. A la fois, rester enclenché dans la mathématique fataliste du PIB n’est pas non plus la solution.
Amartia Sen, l’un des auteurs du rapport, est également l’un des premiers économistes à s’interroger sur des indices capables de tempérer la suprématie froide du PIB. Son travail a largement inspiré l’Indice du Développement Humain (IDH) que le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a mis en place depuis 1990. Même si l’IDH est loin d’être parfait, il s’agit sans doute d’un progrès. A part la croissance économique, l’espérance de vie à la naissance et le niveau d’éducation élargissent le périmètre pris en compte par l’IDH.
Mais comment intégrer l’environnement dans la mesure du bien-être ? Au-delà de notre revenu, du pouvoir d’achat, de l’accès à un système de santé et à une éducation de qualité, nous avons à prendre en compte l’orphelin en chef des indicateurs officiels : l’environnement. Ce n’est pas évident. Le rapport Stieglitz le reconnait : nous ne savons pas encore donner une réelle valeur à l’environnement.
Comment quantifier l’accès au soleil, par exemple ? Comment intégrer la qualité de l’environnement au sens large (air, eau, logement etc) dans un indice?
L’environnement c’est le premier et l’ultime étau de notre bien être : il serre lentement, sûrement et souvent d’une manière irréversible. Il nous limite, il nous émerveille. Il est temps de lui accorder sa place bien méritée dans la mesure de notre bien-être quotidien. Pour une raison simple : nous sommes plus que la somme des revenus bruts mensuels.
Les indicateurs du bien-être sont évidemment trop myopes vis-à-vis de l’état de (notre) environnement. Même si l’environnement n’est pas facilement quantifiable, son impact sur le niveau de vie est évident. Mais…aucun indice synthétique officiel ne le prend sérieusement en compte.
Tant pis, l’étau serre…

