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Quelle voie pour l’agriculture française du 21ième siècle ?

p.cazeneuve | 8 janvier 2010

L’agriculture se trouve actuellement dans une période de transition à bien des niveaux : dans son modèle de production mais également dans son image. En effet, l’agriculture cultive une image paradoxale… D’un coté les professionnels de l’agriculture ont toujours eu le soutien de la société civile et de l’autre, elle possède une image contrastée de pollueurs de nos campagnes.

 

La solution n’est pas si facile à trouver. En tout cas bien plus complexe que certains messages simplistes que l’on entend dans les médias. Si l’agriculture uniquement productiviste a sans doute vécu, le passage au tout bio, aussi séduisant qu’il puisse paraitre, ne peut constituer une alternative raisonnable.

 

Petit rappel : la fonction première de l’agriculture est de nourrir la planète, toute la planète, pas quelques élus privilégiés ! Certes la population européenne n’augmente quasiment pas, mais la démographie mondiale, elle en revanche explose. Alors, me direz-vous, pourquoi ne pas produire là où se trouvent les populations ? Premièrement, c’est déjà le cas et l’augmentation du prix des intrants agricole en attestent. Et puis, pour produire, il faut de la terre et les possibilités d’extension des terres arables sont beaucoup plus faibles que l’évolution de la demande en produits alimentaires. Autre solution pour créer de nouvelles terres : détruisons quelques forêts, asséchons quelques écosystèmes marécageux. C’est un choix mais je ne suis pas sur que le prix environnemental ne soit pas beaucoup plus élevé.

 

Qu’il soit dû à l’Homme ou pas, le changement climatique est avéré. L’Europe, et particulièrement la France, possède une situation géographique (relation climat-sol) exceptionnellement propice à une agriculture stable et à hauts rendements. D’autres régions ne possèdent pas cette chance et les changements climatiques à venir risquent encore d’aggraver cette situation. La crise nous a montré à quel point les fluctuations des cours étaient destructeurs et en premier lieu pour les populations défavorisées. Dans ces conditions, et même si cela peut paraitre un peu extrémiste, ne pas valoriser et optimiser les ressources naturelles qui nous sont offertes serait non seulement un non-sens économique mais surtout un crime contre l’humanité !

 

Alors oui, l’agriculture utilise encore trop de phytosanitaires, d’engrais minéraux et doit fortement réduire son impact environnemental. Les résidus chimiques retrouvés dans nos assiettes, les eaux polluées aux nitrates, les plages envahies par les algues, l’atteinte à la biodiversité, tout cela n’est plus acceptable. L’équation posée à l’agriculture est complexe, réduire son empreinte écologique sans perdre de vue sa fonction première, produire encore plus et dans la stabilité.

 

Faisons confiance à nos agriculteurs, ils nous ont montré dans le passé leur capacité à relever les défis. N’oublions pas que depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, on leur a demandé de nous nourrir, nous, urbains toujours plus nombreux. Alors même si on s’aperçoit aujourd’hui qu’ils sont sans doute allés trop loin, ils se sont acquittés de leur tâche avec succès. C’est un peu facile et injuste de venir aujourd’hui leur reprocher !

 

Les défis d’aujourd’hui ne sont pas plus insurmontables que ceux d’hier. L’erreur serait de faire table rase des clés du succès du passé pour revenir à une bucolique agriculture de nos arrières-arrières grands parents. Nous avons longtemps assisté à une guerre froide entre deux agricultures : une productiviste et l’autre environnementaliste.

 

Les défis à venir exigent une fusion de ce qui a fait la force de chacun des deux modèles. Mais avec cette fusion ressurgiront sans aucun doute des questions taboues qu’il conviendra de traiter : optimisation des sous-produits organiques, modifications des itinéraires culturaux, utilisation des intrants chimiques et minéraux et des OGM…

 

Parce que notre sort en dépend, accompagnons es agriculteurs dans cette voie, poussons les dans leur derniers retranchement mais faisons leur confiance. Ils ont prouvé dans le passé qu’on pouvait !

 

Bonne année 2010 !

 

Pierre

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La pollution des intérêts à court terme

r.teisanu | 23 décembre 2009

En plein débat sur l’identité nationale j’ai une tendance (assez provocatrice, j’avoue) d’opposer l’identité nationale à un principe humaniste de base : l’homme comme but en soi.

Je le sais bien : l’appartenance à une communauté et l’homme comme aspiration universelle ne sont pas deux notions contradictoires. On peut très bien être ethnocentrique ou tout simplement fier de ses origines et respecter l’Autre dans son altérité.  Mais  je crains l’ignorance et l’égoïsme d’une optique trop centrée sur les intérêts nationaux à court terme. Et pour cela, j’oppose souvent le roumain qui m’habite au citoyen du monde qui me voyage.

Je m’explique. Avant tout sentiment d’appartenance à une nation, l’air que nous respirons et les océans que nous exploitons font partie d’une équation beaucoup plus large que la géographie limitée de notre appartenance territoriale. 

Autrement dit, la  lutte contre le changement climatique ou l’appauvrissement de la biosphère des océans n’ont (presque) rien à voir avec une telle ou telle action isolée. L’enjeu est collectif par excellence et, dans ce cas, réduire les émissions dans un endroit et polluer deux fois plus ailleurs c’est plus qu’insoutenable : c’est un suicide programmé.

Les Etats commencent petit à petit à prendre au sérieux les scénarios catastrophistes de certaines études comme les rapports GIEC ou le rapport Stern. Mais, pour que les accords internationaux  ne brisent pas les identités nationales, ces dernières devraient laisser la place bien méritée à une conscience partagée et vive d’appartenance à un seul brin de poussière : notre planète.

Sinon, les intérêts à court terme (polluer plus aujourd’hui pour produire plus demain) transformeront nos identités nationales en passagers clandestins d’un futur monde en dérive. 

Radu Teisanu

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L’étau et la corbeille…

r.teisanu | 16 octobre 2009

Le rapport Stieglitz-Sen-Fitoussi, portant sur des alternatives aux indicateurs actuels de mesure de progrès social et performance économique, a vu le jour le 13 septembre dernier. Suite à 18 mois de travail, la conclusion est nette comme un coup de hache: le Produit Intérieur Brut (PIB) est obsolète et l’amélioration du bien-être est une équation à multiples variables dont la richesse matérielle en est une  facette.   

Le bien-être n’est pas seulement dépendant de la richesse matérielle. Je vois le bien-être comme une corbeille qui habite de multiples petites promesses de vie. A l’intérieur du bien-être on trouve : le plat de ce midi, le toit qui nous abrite, les amis, l’ambiance au travail, l’état de santé, le soleil, l’état du transport en commun, la pluie, l’amour et toute autre élément qui déclenche le but ultime : le bonheur.

Il est normal qu’on n’ait pas un indice qui englobe tout le hasard bien organisé que je viens d’énoncer. A la fois, rester enclenché dans la mathématique fataliste du PIB n’est pas non plus la solution.

Amartia Sen, l’un des auteurs du rapport, est également l’un des  premiers économistes à s’interroger sur des indices capables de tempérer la suprématie froide du PIB. Son travail a largement inspiré l’Indice du Développement Humain (IDH) que le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a mis en place depuis 1990.  Même si l’IDH est loin d’être parfait, il s’agit sans doute d’un progrès. A part la croissance économique, l’espérance de vie à la naissance et le niveau d’éducation élargissent le périmètre pris en compte par l’IDH.

Mais comment intégrer l’environnement dans la mesure du bien-être ? Au-delà de notre revenu, du pouvoir d’achat, de l’accès à un système de santé et à une éducation de qualité, nous avons à prendre en compte l’orphelin en chef des indicateurs officiels : l’environnement. Ce n’est pas évident. Le rapport Stieglitz le reconnait : nous ne savons pas encore donner une réelle valeur à l’environnement.

Comment quantifier l’accès au soleil, par exemple ? Comment intégrer la qualité de l’environnement au sens large (air, eau, logement etc) dans un indice?

L’environnement c’est le premier et l’ultime étau de notre bien être : il serre lentement, sûrement et souvent d’une manière irréversible. Il nous limite, il nous émerveille. Il est temps de lui accorder sa place bien méritée dans la mesure de notre bien-être quotidien. Pour une raison simple : nous sommes plus que la somme des revenus bruts mensuels.

Les indicateurs du bien-être sont évidemment trop  myopes vis-à-vis de l’état de (notre) environnement.  Même si l’environnement n’est pas facilement quantifiable, son impact sur le niveau de vie est évident. Mais…aucun indice synthétique officiel ne le prend sérieusement en compte.

Tant pis, l’étau serre…

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Environnement : osez la démocratie participative !

p.cazeneuve | 9 octobre 2009

Faire participer son équipe à sa démarche environnementale… c’est une évidence non ! En entreprise, ce n’est pas toujours le cas dans la pratique. Les freins semblent parfois nombreux et bloquants : manque de temps, désintérêt des salariés, manque de connaissance, non-partage de l’engagement environnemental…

Voici un retour instructif (et engageant !) d’un de nos clients viticoles qui a décidé d’organiser une réunion de discussion avec son équipe pour le lancement des vendanges (période cruciale à tous les points de vue !) suite à un Audit VESA™ réalisé en début d’année.

A noter qu’il était seulement prévu 15-20 minutes d’information sur la viticulture et l’environnement puis 15 minutes de discussions. Finalement, la présentation a duré 30 minutes puis 45 minutes de discussions et surtout de propositions !

Email MLL

Lorsqu’on sait que qu’une grande partie des réductions est liée à des modifications de comportements au quotidien, n’ayons plus peur et osons !

Bonnes vendanges !

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Le retour en grâce de l’éboueur

e.cazeneuve | 7 octobre 2009

Lors de mes études, j’ai eu la chance de partir dans le cadre du programme ERASMUS à Swansea, deuxième ville du Pays de Galles. Là bas, j’y ai rencontré ma copine, des amis, des italiens et ma vocation : l’Environnement.

Quelques années plus tard, lors d’un séjour en Italie alors que nous dinions chez les parents d’une de mes amies rencontrée à Swansea, la maitresse de maison me demande avec intérêt quel métier j’exerce. En effet, après une maitrise en Biologie et un Master in Environmental Sciences au Trinity College de Dublin, je dois au moins travailler comme ingénieur qualité chez Parmalat, Danone ou Unilever. Et qu’elle ne fut pas sa surprise (et son horreur) quand je lui ai annoncé que mon travail consistait à traiter des déchets ménagers. Mes parents avaient donc payé si cher pour que je devienne EBOUEUR ! Non définitivement, je n’aurai jamais sa fille : SONIA.

Cette anecdote remonte à 4 ans maintenant et il semble que cette Mama Italienne se soit quelque peu trompée : les métiers des déchets sont devenus tendance et même très rémunérateurs. Il ne vous a pas échappé que le grand gagnant de la rentrée médiatique s’appelle Mr Henri Proglio, un éboueur, comme moi et comme les 335 000 personnes que compte le groupe qu’il dirige.

Les entreprises de l’environnement sont quotidiennement au cœur de nos collectivités, de nos entreprises et n’ont plus peur de le faire savoir. Elles font un effort considérable pour sortir de l’ombre, elles communiquent, sponsorisent des clubs de foot, de rugby, les musées, l’opéra. Ce n’est même plus une tare de travailler dans ces entreprises même pour les diplômés de MBA !

Les entreprises du BTP nous ont montré le chemin alors à nous d’en faire de même avec les métiers de l’environnement car la reconversion des friches industrielles, la réhabilitation des anciennes décharges, le traitement des déchets dangereux, l’assainissement sont des sujets passionnants pour ceux qui veulent vivre avec leur temps.

Pour ma part, ma vocation environnementaliste m’est venue à Swansea à l’écoute de mes professeurs, mais ma véritable passion pour les métiers de l’environnement me vient de mon travail dans des décharges, sur des biocentres et de cela j’en serai éternellement reconnaissant à Monsieur CS.

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